Risen 2, le test
Piranha Bytes fait maintenant partie des « anciens » studios produisant des jeux de rôles et avaient créé la surprise avec le premier jeu Gothic, qui était définit par certains comme ce qu’aurait dû être Ultima 9. Je ne reviendrai pas sur l’évolution chaotique de leur licence, avec un Gothic 2 grandiose, un Gothic 3 au système de combat catastrophique et truffé de bugs, ni sur le controversé Risen, bon jeu en soi, mais réutilisant certains pans de leurs jeux précédents.
Alors même que la licence Gothic retourne dans le giron de Piranha Bytes, la sortie de Risen 2 marque une évolution de cette série vers un RPG orienté piraterie.Les bandes-annonces laissaient présager le pire, mais le jeu rencontre un certain succès chez les « anciens » du RPG.
Je vous propose aujourd’hui le test de Risen 2, fondé sur mon expérience.
Je dois cependant avoir l’honnêteté de signaler n’avoir pas pu jouer au jeu jusqu’au bout, en raison de choix malheureux dans le développement des compétences de combat de mon personnage. Apparemment toutes les options ne sont pas viables et c’est assez d’ailleurs assez regrettable (Si vous tentez l’aventure, privilégiez les armes à feu ou attendez-vous à un challenge extrêmement relevé).
Je te rejoins globalement.
Le début est très rébarbatif, mais passer les premières heures pour peu qu’on soit sensible à la « formule » PB, on est vite pris au jeu. On finit pas se faire à la laideur des persos, et le côté cinématique devient plus correct par la suite (la caméra qui sauet a chaque phrase au début c’est vraiment une horreur!)
Là je suis à 24 heures de jeu (je pense que globalement il m’en fera plus que 30 donc m’est avis que la durée de vie est un peu sousestimée), et je prends beaucoup de plaisir.
Par contre pour le coup je dois dire que mon plaisir tient beaucoup de mon choix d’arme. Honnêtement le peu que j’ai passé à l’épée j’ai trouvé ça nul à chier et ca m’a justement rappelé le clickfest de Gothic 3… en pire. Que PB ait sorti un système pareil alors que le combat de Risen était bien travaillé et offrait une version rapide plutôt agréable des combats de G1&2 me dépasse complètement. Alors peut etre que c’est moins clickfest une fois qu’on a plus de compétences mais dieu que c’était chiant!
Donc en fait devant la frustration de ces combats, j’ai commencé à bien prendre mon pied après avoir obtenu mon mousquet sur la première ile (il coute cher à ce stade du jeu, mais il en vaut la peine). Les combats deviennent un plaisir, tout comme les évolutions de la compétences d’armes à feu. Après pour le coup ça vire au travers usuel de PB : c’est trop dur au début, et après ça devient beaucoup trop facile. Mais au moins c’est fun.
Sinon l’approche ile passe plutot bien – ca change un peu de « LA » grande zone open world usuelle à explorer et elles sont toujours nickel en terme de world design (si y a bien une chose qu’on ne peut pas retirer à PB c’est leur talent pour ça). En fait chaque nouveau lieu donne l’impression de découvrir un nouveau petit Gothic donc c’est pas mal même si on peut regretter de pas avoir de forme de voyage naval (alors que Two Worlds 2 se l’offre en seambless bien que ça lui sert à rien dans l’histoire!) sachant qu’on se paye d’autres mini jeux moisis.
Au final c’est quand même un bon titre, mais il a vraiment une finition et un équilibrage à la ramasse. C’est peut être pas surprenant pour un jeu PB… mais après un Risen nickel sur ce plan c’est décevant.
Je dirais que c’est un peu moins pire que Gothic 3 parce que y a moins de bugs de quêtes ou de plotstopper et autres mais bon. Voilà quoi. Et a la différence de Gothic 3, il y a un vrai bon jeu derrière tous ces défauts.
Sinon ça va paraitre débile vu ce que propose les autres RPGs – mais j’apprécie de voir l’apparition de compétences utilisables dans les dialogues, et le fait que le compagnon à titré avec qui on choisit de se balader ait un semblant de vie et participe un peu aux dialogues au lieu de juste servir de « pet ».
Bref, pour ceux qui aiment les jeux PB il reste à conseiller, et ce pour qui le principal problème de Risen était son côté « remake » de Gothic 1&2 – là il faut avouer qu’avec son approche pirate (qui lorgne énormément vers Pirates des Caraibes) ça change radicalement (même si on a encore un gardien de phare appelé Jack Elandryl
) et ça offre un côté plutôt frais pour un RPG… même si ça se fait au détriment de toute cohérence avec le premier
épisode.
Donc je le conseille… mais dans quelques mois quand il sera bien patché par PB et/ou la communauté (qui a déjà commencé a faire des patchs)
En fait, les jeux de PB commencent de plus en plus à me faire penser aux jeux Lego.
De Gothic 1 à Risen 2, c’est un peu Lego Star Wars, Lego Harry Potter, Lego Batman: C’est le même jeu, avec les mêmes mécanismes (même si les univers Lego sont pour le coup beaucoup plus variés). Là on a Lego Pirates des Caraïbes: on sait ce qu’on achète, on n’est pas dépaysé. On a un monde ouvert où on essaie toujours de faire du Ultima VII en moins bien, des persos animés comme des pieds, un système de combat qui se cherche depuis dix ans, un système de jeu absolument pas équilibré. Le tout, bien sur, enrobé dans un moteur 3D buggué à mort et absolument pas optimisé et qui n’a toujours pas permis à PB de faire un portage décent bien que ce soit l’objectif affiché. Une sorte de marque de fabrique, quoi.
Ta comparaison m’amuse mais c’est un peu exagéré quand même… Gothic 3 avec sa tentative de non linéarité totale reste très différent de la formule « habituelle » de PB (et c’est bien ce qu’on lui a reproché à l’époque), et Risen change quand même un peu la donne entre son approche île, son ambiance pirate, ses combats à coup de fusils, son système de développement de personnages complètement modifié et même au niveau de son déroulement il évite certaines recettes éculées de PB (notament… fini les Gardes devant les portes d’une zone qui t’empêchent de progresser tant que t’a pas assez de réputation ou fait la bonne quête par exemple – Ouf!).
Après y a une base commune, mais c’est un peu normal je trouve – je vais pas reprocher à PB de faire du PB, pas plus que je reprocherais à Bethesda de faire du Sandbox.
Le tout c’est de réussir à faire évoluer et renouveller les éléments de cette recette :
Gothic 3 a essayé et s’y cassé les dents.
Risen n’a même pas cherché à le faire et s’est contenté de faire un Gothic-bis (sans doute car PB était trop soucieux de ne pas décevoir ses fans une seconde fan)
Risen 2 par contre on sent qu’il y a volonté de changer un peu la formule, et y a clairement des éléments reprochés aux précédants opus que PB essaye de gommer (comme l’absence de personnalité du héro par exemple).
Après y plus ou moins de succès et ça se fait au prix de quelques régretions idiotes également, mais plus j’avance dans le jeu plus je suis d’accord avec l’analyse de RPGFan qui résumait le titre à « Deux pas en avant, mais un pas en arrière. »
Disons que ce que je reprocherais à PB, c’est de ne pas avoir pris les bonnes inspirations dans une licence comme Ultima. Pouvoir faire la bouffe dans un monde ouvert, c’est très sympa, mais ils auraient surtout mieux fait de reprendre le concept d’un univers qui évolue sur plusieurs épisodes.
Si tous les épisodes de Risen – c’était déjà plus dur pour Gothic qui se déroulait dans une prison- s’étaient déroulé dans le même monde, sur le même continent, que la situation politique changeait à chaque fois mais qu’on retrouvait les mêmes personnages et qu’on devait faire face aux choses en contrôlant un vrai héros, avec un vrai passé, une vraie histoire connue par tous, etc, l’univers pourrait acquérir une vraie épaisseur en même temps qu’un réel charisme. On revisiterait les mêmes villes, mais elles auraient évoluées, les mentalités aussi, le statut de notre personnage pourrait y avoir changé, etc. Bref, on s’attacherait à un monde sur lequel on pourrait placer, au fur et à mesure, nos propres histoires.
Au lieu de ça, on se retrouve avec un héros interchangeable invariablement dépourvu de personnalité, de passé ou de motivations. C’est juste un enveloppe vide où placer le joueur, ce qui ne serait encore pas gênant si:
1) Le joueur pouvait donner une personnalité à son personnage par le biais des discussions (plutôt que de se contenter de poser des questions génériques et d’accepter/refuser des quêtes)
2) Le personnage circulait d’un jeu à l’autre, en gagnant une légitimité en même temps que ses accomplissements(le héros de Gothic avait beau passer son temps à sauver le monde, personne n’avait jamais l’air au courant et on évoluait toujours dans le plus parfait anonymat et dans la plus totale indifférence.)
Surtout, le fait de réutiliser le même univers aurait pu pousser PB à prendre plus de risques quant au gameplay, plutôt que d’hésiter entre la casualisation à outrance (les combats de Gothic 3 résumés à un clickfest) et le développement ad nauseam des mauvais concepts (le monde « plus grand » et « plus ouvert » de Gothic 3 qui n’apportait strictement rien).
Bah ce qui est dommage avec les jeux PB en fait, c’est que cette évolution se retrouve entre Gothic 1&2 justement. Du fait qu’on était au final sur la même île et que le second opus reprenait la quasi totalité de la surface du premier en plus du reste de Khorinis donnait clairemetn ce sentiment de retrouver le même univers et le même monde.
Après nous amener sur le continent dans le troisième épisode pourquoi pas, mais le soucis (en plus du problème du « on a fait trop grand résultat on a pas pu mettre de vrais NPCs dans nos cinquantes villes »), c’est qu’il manque une réelle continuité : y a pas vraiment de continuité artistique dans la touche graphique, et tout ce qui reste pour faire le lien ce sont quelques personnages de Gothic 1&2 mais le tout avec une continuité globalement discutable. (Et Risen c’est encore pire, vu qu’on a passe d’un univers tendance médiéval-Gothic dans le 1, à un universe tendance Renissance/pirates des Caraibes dans le 2, bonjour la continuité)
D’ailleurs je sais que c’est mal vu de dire du bien de Gothic 4, mais Arcania me paraissat faire un bien meilleur effort sur le plan narratif, avec un justement un personnage dôté d’une personalité et d’un passé et le soin de développer un background au fil du jeu en servant des précédants volets comme une base. Après ces qualités venait sur d’autres sacrifices (à commencer par un côé « monde virtuel » réduit à peau de chagrin) mais c’était beaucoup plus intéressant que la vacuité narrative de Gothic 3.
Après bah… j’ai le sentiment que y a une « volonté » de vouloir proposer à chaque épisode un nouvel endroit de peur que ça lasse le public de retrouver le même endroit en fait – c’est d’ailleurs une composante que je trouve commune à beaucoup de RPGs maintenant… regarde TES qui propose une province différente à chaque fois, ou même pour des trucs plus vieux bah… Baldur’s Gate nous emmener dans de nouvelles régions aussi. Le côté « on retrouve les endroits du jeu d’avant qui ont changé » comme le faisait Ultima… j’ai pas souvenir de beaucoup de de titres récents le faisant (y a bien la Citadelle dans Mass Effet mais bon) et j’ai l’impression que les joueurs « exigent » cette nouveauté en fait (je me souviens par exemple de pas mal de critiques sur KOTOR2 du fait… qu’on retrouvait Dantooine et Korriban comme dans le 1 alors que justement ça faisait parti de l’intérêt).
Alors ça a aussi son charme d’avoir un univers énorme dont on découvre de nouvelles facettes/lieux à chaque épisode… mais un titre comme Ultima on redécouvrirait à chaque fois le même univers ça manque aussi
Histoire de dire je l’ai fini avec 38 heures de jeu au compteur.
Donc en gros c’est dans la norme des jeux Pyrannha Bytes, c’était aussi la durée de vie de Gothic 1, Gothic 2 (pré-NOTR) et Risen. Gothic 3 faisant un peu office d’exception.