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Août
26
Dagon  

Développé par le studio français de Spiders, le RPG d’anticipation Mars War Logs avait laissé un souvenir globalement plaisant, avec un monde original, qui semblait tout droit sorti de bons livres ou de films de science-fiction.
Certes, le développement du jeu n’avait pas bénéficié de moyens extraordinaires, mais le monde créé à l’occasion de ce titre, son style et l’intelligence des thèmes abordés compensait avec intelligence le manque de diversité des décors.

Avec The Technomancer, sorti plus de 3 ans plus tard, on pouvait espérer que le studio allait capitaliser sur leurs acquis et nous offrir un jeu rafraichissant de nouveautés, tout en restant dans le monde qu’ils avaient créé avec talent.

Le monde proposé ne change pas. L’homme a colonisé la planète rouge, mais la vie sur la planète est devenue un enfer, entre les rayonnements solaires devenus sources de mort ou de mutation, et le manque d’eau ayant déclenché une guerre incessante entre deux factions.

The TechnomancerThe Technomancer ne prend pas directement la suite du premier opus, mais est plus une histoire parallèle où le joueur incarne l’un de ces soldats technomanciens, corps d’élite d’un ordre s’apparentant parfois à une secte, où les sujets apprennent à utiliser l’électricité de leur cerveau combiné à certaines améliorations physiques par le biais de la technologie afin d’obtenir certains pouvoirs télékinétiques. A cela se mêlera des trames politiques entre l’Ordre, la police, les politiciens et la population, bref, un véritable terreau propice à de grandes aventures, bien loin des poncifs de la fantasy, et mis à profit avec intelligence par le studio de développement.

The TechnomancerAu niveau de la gestion du personnage et de l’aventure, le studio a privilégié une trame linéaire, dans laquelle il s’agit de vivre une histoire plus que d’explorer librement un monde. Le joueur va créer son personnage, avec quatre attributs, et des compétences, menant globalement à faire évoluer son avatar dans un gameplay plus orienté technomancie (« magie »), combat rapide et furtif, offensif ou défensif. Si le choix se fait au fur et à mesure de la progression par les points d’expérience, on constate très vite qu’un personnage n’est viable que si le joueur se focalise rapidement sur l’un des quatre arbres de compétence, quitte à se faire assister par l’un de vos compagnons aux talents complémentaires. A noter que ces compagnons réagiront en fonction des choix effectués, qu’ils approuveront ou non, et qu’ils auront leur propres objectifs ou quêtes liées.

L’accès aux différentes zones du jeu se fera en fonction de l’avancée des chapitres de l’histoire, mais chaque zone reste explorable plus ou moins librement.

The TechnomancerOn appréciera particulièrement les quêtes pas trop basiques, bien intégrées au scénario, et impliquant des options de dialogues, mais le tout est malheureusement complètement gâché par les choix effectués sur le gameplay global et le système de combat.

The TechnomancerThe Technomancer a été annoncé par le studio comme étant un véritable jeu de rôle, et tout était en place pour en faire un titre d’exception, mais si les ingrédients étaient là, la mayonnaise ne prends pas, l’aspect jeu de rôle étant complètement dilué par les combats incessants, jusqu’à s’effacer.

Des combats, parlons-en, il y en a… Beaucoup !

Toute quête implique la plupart du temps d’aller dans une zone, de « nettoyer » le chemin faisant de tous les brigands et autres adversaires, afin d’obtenir quelques lignes de dialogues à l’autre bout de la carte, puis de retraverser dans l’autre sens la carte, de se retaper les combats puisque les ennemis sont revenus, voire de repasser dans l’autre sens pour la quête suivante et de se retaper les mêmes ennemis… encore, encore, …et encore. C’est fait sans originalité, avec des temps de chargements certains entre les zones, bref, entre les quêtes et les dialogues pourtant intéressantes, au fil des aller-retours on s’ennuie copieusement, n’étant interrompu que par d’incessants combats.

The TechnomancerLe tout serait tout à fait acceptable et on pourrait digérer le trop grand nombre de combats répétitifs s’ils étaient intéressants.

Si vous cherchez quelque chose de tactique ou offrant une vraie diversité de techniques et de méthode de vaincre, fuyez, pauvre fous !

En théorie, entre les pouvoirs de technomanciens, les trois styles de combats, la furtivité, la diversité des armes de contact, de jet, on pouvait s’attendre à quelque chose d’assez fouillé et intéressant. Pourtant, force est rapidement de constater qu’il n’existe qu’une technique d’élite vraiment efficace : la roulade.

Voyez le tableau : le joueur incarne un Technomancien, corps d’élite armé qui maîtrise des pouvoirs psychokinétiques extraordinaires, le maniement d’un tas d’armes aussi exotiques que dévastatrices, mais dont la technique la plus efficace est de rouler dans tous les sens pour donner un coup de matraque ou de choc électrique à l’ennemi entre 2 roulades. Ouéééééé…

The Technomancer…et on recommence encore et encore, …et encore (ben oui, n’oubliez pas que les adversaires reviennent), avec une illusion de choix d’évolution du personnage pour en arriver globalement toujours à la même technique. On espérait que la possibilité d’utiliser la furtivité allait améliorer le tout, mais cette option ne fait que retarder l’entrée en mode combat de certains ennemis. Seule variation, les combats de boss pourtant peu inspirés, mettant en scène de grosses bébêtes ou de formidables adversaires avec quelques failles ) trouver, le tout avec une difficulté certaine, obligeant à refaire ad nauseum quelques-unes de ces trop nombreuses phases d’action.

Bref, vous l’aurez compris, The Technomancer aura été pour moi une énorme source de frustration, voire d’énervement. Entendons-nous bien, ce titre ne souffre pas d’un manque de moyen, et ce n’est absolument pas ce qui l’empêche de rivaliser avec des titres AAA, mais plus un manque de vision globale et de cohérence du titre.

The TechnomancerLe jour ou certains studios comprendront qu’il n’y a rien de plus difficile que de marier et d’équilibrer un système de RPG avec un système de jeu d’action, on aura fait un grand pas. Si The Technomancer avait fait le choix d’un système de combat mettant en avant les statistiques du personnage et non les seuls réflexes du joueur, on aurait pu se trouver en présence d’un jeu de rôle véritablement prenant. Imaginez des combats à la Knight of the Old Republic dans l’univers de The Technomancer et imaginez le potentiel tactique des combats, vous comprendrez ma frustration.

Au lieu de cela, on se retrouve avec un jeu bancal qui ne satisfera pas l’adepte du RPG, mais qui ne parviendra pas non plus à satisfaire l’adepte du jeu d’action, ayant d’autres titres aux combats plus dynamiques qui ne s’embarrassent pas de cet aspect RPG trop encombrant. Très rares sont les studios qui ont réussi à mélanger ces deux styles (CDProjekt), et le résultat n’a pas toujours été à la hauteur des espérances, et le studio s’y est parfois repris à plusieurs fois pour être satisfait du résultat (patch 1.3 et 2.0 de The Witcher 2).

Quel gâchis, le potentiel était énorme, d’autant plus que le jeu gère intelligemment l’artisanat, et qu’il possède une direction artistique très inspirée, donnant vraiment une identité au monde dévasté de la planète Mars.

Le studio Spiders avait réalisé un jeu fort sympathique avec Of Orcs & Men, puis quelque part s’était perdu avec Bound by Flames, et se fourvoie encore plus en affirmant le côté action de The Technomancer.

Enfin bref, si vous êtes un virtuose du joypad ou du clavier-souris et que des combats difficiles, peu inspirés et répétitifs ne vous rebutent pas, The Technomancer mérite le détours du fait de sa direction artistique, de son histoire et de son scénario. Pour les autres, cela dépendra des personnes. Certains y trouveront sans doutes leur compte. Me concernant, fait rarissime, j’ai eu du mal au point de ne pas réussir à m’astreindre à finir le jeu.

Notes

Graphismes & sons : 4/5
Une magnifique direction artistique, un environnement musical sympathique, si le moteur graphique n’est pas le summum de ce qui existe aujourd’hui, l’ambiance est vraiment réussie et certains décors sont somptueux.

Interface de combat : 1/5
Action : roulade, roulade, taper, roulade roulade, taper, roulade, choc électrique, roulade, roulade, taper… Où est le côté RPG ? où est le côté tactique ? Les options présentes ne sont que de la poudre aux yeux.

Scénario : 4/5
Un monde passionnant en toile de fond, des quêtes et des dialogues intéressants. C’est original, intéressant et ça mérite le détour.

Jouabilité (fun) : 2/5
Un titre à réserver aux fans de jeu d’arcade ou à ceux qui réussiront à passer outre les combats pour profiter de l’histoire. Ce que je n’ai pas réussi à faire.

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Juin
17
Dagon  

Seconde et dernière extension de l’excellent The Witcher 3, Blood & Wine se propose d’emmener le joueur dans la contrée de Toussaint, un décors très méditerranéen où la culture de la vigne et la production de vins sont les facteurs principaux de la prospérité de ses habitants.

The Witcher 3 Blood and Wine

Geralt devra faire preuve de diplomatie en présence de la haute société…

Commençant comme la plupart des quêtes de Sorceleur, notre ami Geralt se trouve invité (certains diraient convoqué) par la duchesse locale afin de régler une histoire de monstre tueur de nobles. Ce sera alors l’occasion pour le joueur de découvrir cette toute nouvelle région dans laquelle se déroulera la totalité de l’aventure. On commencera par en prendre plein la rétine ! Fini les bourbiers sanglants, fini les sommets enneigés, Toussaint se composera de collines verdoyantes, de vignes à perte de vue sous un ciel bleu éclatant, alors que les rayons du soleil illuminent la campagne et joue dans les frondaisons (on se sentirait presque l’âme poétique).

Blood and Wine

Toussaint, un royaume verdoyant inondé de soleil. On est loin du bourbier du Pontar…

L’ensemble de l’aventure se déroulera en effet sur fond de luxe, de noblesse et d’exploitation vinicole prospère, avec un ton résolument plus léger que dans le jeu de base et surtout par rapport au premier DLC. A Toussaint, princesses et preux chevaliers cherchant à briller et à conter fleurette seront le quotidien du Sorceleur, ce qui est un changement radical et plutôt bienvenu dans ce monde souvent très glauque. Rassurez-vous, The Witcher ne se transforme pas pour autant en jeu gentillet béni oui-oui. Si les sujets abordés sont souvent plus légers, le quota de pourritures, de manipulations et de comportements nauséabonds sera atteint sans problème.

Le scénario, comme de l’accoutumée avec CDProjekt Red sera de très haute volée, une fois de plus surprenante de réflexion, profondeur et de richesse, amenant des réflexions subtiles, notamment sur l’éducation et la part de l’expérience acquise par l’éducation dans le comportement des personnes. Par rapport au jeu principal, on perd peut-être un peu en implication personnelle du personnage, facteur de changements radicaux dans le monde, mais on gagne grandement en subtilité et en finesse dans la manière de traiter la quête principale. Le scénario est tout sauf manichéen, et les dialogues sont surprenants de non-dits, et de choix tout en nuances dont les méandres et la perception du joueur quant aux événements dépeints feront changer le comportement des protagonistes et l’issume de l’histoire.

Un domaine "modeste" à entretenir...

Un domaine « modeste » à entretenir…

Je crève d’envie de spoiler l’histoire, vous l’aurez compris, mais je vais arrêter-là les références au scénario. Sachez qu’outre un scénario de haute volée, le DLC Blood & Wine se payera le luxe, tout comme le premier DLC de proposer quelques nouveautés mis à part son aspect graphique et d’ambiance totalement inédit (et très réussi).

TW3 ManticoreTout d’abord il sera possible au joueur d’avoir une propriété, véritable propriété viticole qu’il sera possible de décorer et de restaurer moyennant finances (le housing est à la mode…).

A côté, il y aura également une possibilité d’accéder à des armures de Grand Maître Sorceleur, ainsi que l’option de rechercher une toute nouvelle armure spéciale, la Manticore, avec toutes les quêtes qui vont avec.

Du côté des compétences, le déblocage de mutations, sortes de « super » pouvoirs, débloquera à l’aide de mutagènes certains effets de sorts ou de combat accrus, ainsi que la possibilité d’avoir quelques compétences supplémentaires.

Enfin, avec ce dernier DLC, on voit l’apparition d’un nouveau type de cartes de Gwent propre à Toussaint, ajoutant encore des tactiques à cet excellent mini-jeu.

Voilà donc pour Blood & Wine, une seconde extension incontournable, clôturant avec brio la saga de The Witcher. Cette dernière réserve quelques toutes petites surprises sur la fin, et se permet même de briser subtilement le 4ème mur dans les dernières lignes de dialogues.

On finit donc un an après son premier lancement, par désinstaller le jeu, non sans un petit pincement au cœur, mais avec une certitude : celle d’y revenir un jour afin de revivre cette fantastique aventure.

Notes

Graphismes et sons : 5/5
De nouveaux décors magnifiques, non seulement pour la région de Toussaint, mais aussi un autre endroit « surprise », le tout entièrement au service de l’histoire.

Interface de combat : 4/5
Pas de changement, c’est un peu plus traditionnel que le premier DLC, mais toujours aussi efficace.

Scénario : 5/5
Une quête principale de très haute volée, toute en subtilité.

Jouabilité (fun) : 5/5
Magique !

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Mai
19
 
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Mai
18
 
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Mai
18
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Mai
18

La tribune du Lair

  • Ouil of ze be holder
    (jeudi, Août 4. 2016 01:31)
    Salut les amis, des retours sur Krai Mira? C’est super alpha mais ya du potentiel malgres des choix de gameplay douteux….

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