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Kingdom Come Deliverance 2
—Test par Nathan—
Sept ans après la sortie de Kingdom Come Deliverance, chef d’œuvre du jeu de rôle historique, Warhorse Studios remet le couvert avec une suite tout aussi prometteuse.
A l’époque, Kingdom Come Deliverance était le fruit d’un pari qu’aucun éditeur ne voulait suivre : sortir un jeu de rôle purement historique sans aucun élément fantastique. La solution était évidente : une campagne collaborative Kickstarter avec une demande de financement de 300.000 £ pour pouvoir créer un monde ouvert, crédible, reproduction à l’identique d’une portion de la Bohême de l’an 1403. L’idée a plu, et avait conduit à une récolte de financement record de 1.100.000 £ et le jeu à sa sortie en 2018 a fait un carton.
Suite directe du premier titre, Kingdom Come Deliverance II vous fait quitter la région natale du protagoniste en direction du Nord. Désormais, Henry est chargé de transmettre une missive politique de premier ordre à Othon, seigneur de Berg, accompagné de son compagnon de toujours, Hans Capon. Évidemment, tout – ou plutôt rien – ne se passe comme prévu et le héros devra parvenir à s’en sortir, ballotté entre les luttes de pouvoir déchirant la Bohême du XVème siècle.
Fait remarquable, le jeu vous propose, non pas une, mais deux régions complètes et distinctes à explorer, chacune dotée de ses propres spécificités.
Visuellement, l’on n’y trouvera probablement rien à redire : les graphismes n’ont pas connu de révolution, certes, mais sont amplement suffisants pour prendre plaisir à s’y promener. Car oui, Kingdom Come Deliverance II est beau ; mais surtout, il est immersif. Les campagnes tchèques, les forts et les villes (particulièrement Kuttenberg) sont reconstitués avec une précision saisissante. Mais le plus remarquable est probablement l’effort fourni sur la représentation, en jeu, des différentes populations : Tchèques, Allemands et Juifs cohabitent alors ; non pas sans difficultés que le jeu parvient avec succès à retranscrire. Aussi l’on se surprend parfois à passer plusieurs heures à visiter un camp de nomades tziganes ou à devoir s’improviser traducteur hongrois parmi les Coumans. Cela dit, l’immersion ne s’arrête pas là : les mœurs et pratiques, l’architecture des bâtiments, les questions religieuses et même les enjeux politiques — qui peuvent, à première vue, sembler barbants — sont autant de renforts à une immersion quasi-totale. Une fois encore, le réalisme, en monde ouvert, est le premier support à cette immersion : pas question ici d’explorer des pays entiers mais quelques bourgs et châteaux contenus dans un mouchoir de poche bohémien – ce qui, à cheval, est largement suffisant.
En prime, tout cet univers n’est pas qu’un tableau sans profondeur : les quêtes qu’il offre au joueur sont nombreuses et très diversifiées. De l’enquête au combat pur, en passant par l’infiltration, beaucoup ont leur propre identité et certaines sont elles-mêmes comparables à de “petites quêtes principales” tant elles sont intéressantes. L’humour des développeurs y est d’ailleurs au rendez-vous, les rendant d’autant plus plaisantes à jouer.
Quant à la véritable quête principale, elle n’a pas grand chose à envier à celle de 2018. Cette fois-ci, l’échelle n’est plus la même : sans signifier la fin des “aventures paysannes” d’Henry, place aux “aventures de palais” qui, à bien des égards, ne sont souvent pas plus nobles que les premières.
Plusieurs mécanismes bien connus de Kingdom Come Deliverance sont ici de retour : batailles, sièges de châteaux, infiltrations de campements… tout en y incorporant un élément essentiel : en quelques années, le monde a bien évolué ; les trébuchets laissent leur place aux bombardes tandis que les premières armes à feu côtoient arcs et arbalètes sur le champ de bataille.
Il faut le dire, le scénario principal est long ; il n’en est pas moins réellement intéressant et emmène le joueur bien plus loin qu’il n’aurait pu l’imaginer.
Seul bémol : le manque d’enjeux réellement personnels et engageants pour le protagoniste demande parfois à ce que l’on s’accroche un peu dans certaines parties de l’histoire. De même, le scénario de fin de jeu est fortement scripté, ce qui le pousse parfois à bloquer le joueur dans ses actions, sans retour en arrière possible, le forçant à recharger une sauvegarde bien antérieure en cas d’oubli ou d’erreur quelconque.
Niveau gameplay, le système de combat complexe mais réussi de Kingdom Come Deliverance s’est vu perfectionné : là où il était auparavant facile, par paresse, de vaincre son adversaire en “spammant” un même coup d’estoc, ce n’est désormais plus possible. Globalement, les combats en sont moins répétitifs et plus diversifiés dans leurs mécanismes.
Malgré tout, la prise en main n’est pas offerte sur un plateau et, même à haut niveau, il est parfois préférable de fuir ou de négocier lorsque l’ennemi est en supériorité numérique.
Heureusement, la solution militaire n’est jamais la seule : les dialogues, particulièrement fouillés, permettent au joueur de se sortir de situations périlleuses selon les compétences de son personnage (éloquence, charisme et force). Ces caractéristiques dépendent de votre niveau, mais aussi d’autres facteurs comme votre tenue, votre propreté, etc… ce qui vous amènera à bien prendre soin de Henry au cours de vos aventures.
D’autres mécaniques bienvenues ont été héritées de Kingdom Come Deliverance I ; je ne m’étendrai donc pas dessus. C’est le cas des systèmes de sauvegarde et de compétences par exemple.
Un dernier mot enfin sur les musiques : variées, sublimes pour beaucoup, elles accompagnent l’immersion du joueur avec brio, créant un véritable plaisir de jeu.
En bref, Kingdom Come Deliverance II est une franche réussite et n’a rien à envier à son prédécesseur.
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Graphismes & Sons : 5/5
De très beaux décors, des musiques magnifiques ; de quoi renforcer l’ambiance médiévale du jeu.
Interface de combat : 4/5
Un système amélioré et novateur, pouvant se montrer très recherché lorsque l’on s’y attarde vraiment.
Scénario : 4/5
Une histoire complexe – et complète – qui fait voyager le joueur à travers un univers toujours plus immersif. Remarquons toutefois quelques longueurs dans la quête principale en milieu de partie.
Jouabilité (fun) : 5/5
Rien à redire, un excellent jeu, à la hauteur de ses attentes.
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