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Dragon Age 2

Date de publication : 18 avril 2011

Dragon Age : Origins a marqué un retour aux sources du jeu de rôle, en offrant au joueur non seulement un monde médiéval fantastique complexe et intéressant, mais également un système de jeu dans la pure lignée des plus grands classiques de jeux de rôles. Si le développement de Dragon Age : Origins avait durée près de 4 ans, celui de Dragon Age 2 n’aura duré qu’un an et demi. Parallèlement à cela, l’annonce a été faite que le jeu serait plus nerveux et plus accessible, ce qui en a fait hurler plus d’un. Au final qu’en est-il ?

Graphiquement, Dragon Age 2 est assez similaire à son prédécesseur. Le premier offrait des animations de très bonne facture, mais un moteur graphique quelque peu vieillissant, le second reprend les mêmes caractéristiques, mais avec quelques vagues améliorations. Le moteur est bien optimisé et offre des performances fluides, mais à la base les textures sont assez mauvaises. A coté de cela, seuls les possesseurs de cartes DirectX 11/1gb pourront bénéficier de textures haute résolution. L’amélioration est notable, mais on se demande quelque part ce qui nécessite une telle débauche de puissance pour une amélioration aussi modeste… Coté son, rien de nouveau, un environnement sonore de bonne facture, de très belles musiques, même si quelques airs de déjà vu, notamment dans Dragon Age : Origins et Mass Effect 2.

Coté gestion du personnage, on reste en territoire connu, mais Dragon Age 2 vous mets dans la peau de Hawke, un réfugié Fereldien, obligé de fuir les engeances avec sa famille et de se réfugier dans la tristement célèbre Kirkwall, ancienne capitale de la traite des esclaves. C’en est fini du choix de race et d’une histoire de début différente selon les classes. Fort heureusement, il reste le choix de la classe et de l’apparence, et on comprend aisément ce choix pour des raisons scénaristiques. La progression, quant à elle, se fera comme dans le premier, avec une progression par niveaux donnant accès à des points de caractéristiques et à un arbre de compétence.

Jusque là, le système de jeu de Dragon Age 2 reste fidèle au premier, mais ce sont d’autres choix des développeurs qui font grincer des dents.

Tout d’abord, il faut noter la disparition de la gestion de l’armure de vos compagnons. Si vos pérégrinations vous feront tomber sur des pièces d’équipement, inutile de les garder si elles ne correspondent pas à votre classe, elles seront purement et simplement inutilisables sauf par le héros. Par contre, seules les armes, bagues et ceintures pourront être portées par vos compagnons. Curieux choix, à mon sens motivé par un souci d’économie en l’absence de représentation graphique sur vos personnages de celles-ci. Quoiqu’il en soit, un choix de design malheureux, enlevant une bonne partie de l’intérêt de la gestion de l’équipement dans le jeu.

Autre point qui fâche beaucoup plus, le système de combat. Le premier opus offrait un système tactique faisant la part belle à une gestion millimétrée de votre groupe, avec une pause tactique offrant la possibilité de choisir la bonne combinaison de sort et de combo, afin de vaincre les adversaires les plus coriaces. Cette gestion mettant en avant l’utilisation complémentaire de coups, avec une gestion des effets de zone rendait les combats particulièrement intéressants. Ici, si le principe reste le même, on est loin de l’intérêt tactique du premier.

Exit les effets néfastes de sorts amis, exit la caméra tactique, et bienvenue aux combats dynamiques et spectaculaires. On laissera dans la plupart des cas vos compagnons se débrouiller, et il suffira de sélectionner vos compétences à la chaîne pour sortir vainqueur de la plupart des situations. L’accélération du rythme de combat avec des personnages lançant plusieurs attaques par secondes ne vous laisseront guère le temps d’élaborer une stratégie. De toute façon, l’abandon de la caméra tactique aura vite fait de vous décourager d’opter pour un mode autre que le temps réel, et on se limitera qu’à sélectionner les compétences et à soigner vos compagnons trop mal en point. Détail curieux dans les combats et totalement artificiel aussi, si la première vague d’assaillants est stationnée quelque part ou qu’elle déboule par les accès normaux, les vagues suivantes apparaîtront la plupart du temps sortis de nulle part, autour de vous. Artifice qu’on peut concevoir dans une caverne remplie d’araignées, mais plus difficilement en ville, lorsque des voleurs tombent du ciel autour de vous ou qu’une dizaine de géants qunaris sortent de derrière l’arbrisseau le plus proche . Niveau immersion on fait mieux.

Au niveau du scénario, Bioware a choisi une approche très originale. Vous jouez le héros de Kirkwall depuis son arrivée en tant que réfugié, et, chapitre après chapitre, années après années, vous suivez son ascension, ce qui est quelque chose de nouveau et très agréable à suivre. On ne vous demandera pas de sauver le monde, et si les objectifs semblent plus modestes, l’histoire reste néanmoins intéressante. Point amusant, l’histoire est racontée par un ancien compagnon du héros, et celui-ci part parfois dans quelques délires en embellissant la vérité. Du coup votre progression devient à certains courts moments délirante, jusqu’à ce que le conteur se reprenne, et qu’il raconte les choses telles qu’elles se sont passées. Idée scénaristique excellente et utilisée fort à propos.

Le monde de Dragon Age, très fouillé et complexe qui avait été mis en place dans le premier s’il n’offre plus l’effet de surprise du premier, reste cependant bien utilisé et je n’ai pas relevé d’incohérence majeure avec le premier opus. Le scénario de fonds reste bien complexe, avec quelques enchevêtrements intéressants, mais par contre, il faudra relever une baisse notable de la qualité de traduction et des doublages, handicapant parfois le suivi de l’histoire.

La progression de votre personnage et de son histoire se fera par l’exécution des très nombreuses quêtes disponibles dans la ville de Kirkwall et de ses proches environs. Les quelques travers du premier opus, avec ses zones fermées et un peu étriquées, seront curieusement un peu exacerbés par l’absence d’un plan général du Pays à parcourir, puisque seuls les différents quartiers de Kirkwall seront disponibles, ainsi que quelques endroits précis dans ses environs. Malheureusement la perte de la diversité de décors que proposait le premier est d’autant plus grave que Bioware a choisi le recyclage des zones d’exploration. Entendons nous, je ne parle pas d’une ou deux pièces se ressemblant, mais en fait le jeu utilise et réutilise les mêmes zones de jeux jusqu’à la nausée. Vous trouverez non seulement le même endroit utilisé plusieurs fois pour des quêtes différentes, mais aussi, comble du ridicule, la même zone utilisée pour représenter des endroits différents, en vous faisant rentrer par un autre accès. Du coup, au bout de quelques heures de jeu, le joueur aura vu pratiquement toutes les configurations de lieux, et l’aspect découverte n’existera plus non plus.

Alors que nous reste-t-il au final ? Soyons clairs, Dragon Age 2 reste satisfaisant, notamment par ses dialogues, son scénario, son monde, et le joueur se laisse embarquer sans se forcer dans les 40 heures de jeu nécessaires pour boucler le scénario, qui, reconnaissons-le, reste de très bonne facture.

Par contre, la comparaison avec le premier opus fait très mal. Je ne relèverai pas l’artisanat, devenu anecdotique, ou encore la simplification de la gestion de l’ouverture des coffres et le désamorçage des pièges, mais Bioware a réussi à démolir pierre après pierre tout ce qui faisait de sa licence un incontournable.

On notera des choix de design malheureux, tels que le sabotage du système de combat par souci de simplification, mais on relèvera surtout certains choix économiques.

S’il est compréhensible d’avoir une zone de jeu réduite, puisque le scénario se déroule à Kirkwall, il est totalement intolérable de devoir se retaper 15 fois la même caverne sensée représenter des endroits différents. Ça dénote un manque total de respect envers le joueur.

Bref, un jeu satisfaisant auquel on prend du plaisir à jouer grâce à son scénario, plutôt bon par moments, mais un jeu très en-deçà du premier, Bioware s’étant évertué à saboter la plupart des points forts de la série par de mauvaises décisions.

Ça énerve.

Graphismes / sons : 4/5

Interface de combat : 3/5

Scénario : 4/5

Jouabilité (fun) : 3/5

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Dragon Age 2 / Bioware / 2011

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