Sacred 2 : Fallen Angel

par Killpower


Ascaron est de retour avec son nouvel hack’n slash en préparation depuis 3 ans : Sacred 2. Une suite dont le premier épisode, Sacred, avait marqué le public grâce à son univers riche et ouvert, mais malheureusement aussi à cause de son manque de maturité : soft sorti ultra-buggué, qui ne fut convenable qu’un an après sa sortie après moult patchs. Ascaron avait été critiqué et il fallait espérer que la leçon soit retenue pour ce second opus.


sac01Nous voici de retour à Ancaria, 2000 ans avant le premier épisode. L’univers est infiltré par l’énergie T. Cette énergie vivante est devenue le point d’équilibre du monde. Malheureusement, des fuites amènent l’arrivée du chaos et vous avez été désigné pour sauver le monde : Rien que cela me direz vous ? Bah oui, on est héros ou on ne l’est pas. Ne vous inquiétez pas, après la jolie vidéo d’introduction, la quête principale ne sera qu’un fil conducteur, que vous aurez tôt fait de perdre. On se retrouve donc dans un univers médiéval futuriste qui n’est pas sans rappeler celui de Silverfall.

Vous voici dans la création de personnage : 6 choix possibles, tous très originaux : la séraphin qui est assez polyvalente, créature du côté de la lumière, le haut elfe qui se rapproche d’un mage, la dryade spécialisée dans e combat à distance, le guerrier noir, un bourrin de base, l’inquisiteur un magicien du côté du mal. Enfin le guerrier du temple, qui pour ma part me semble le plus original : équipé d’un bras canon il utilise l’énergie T pour combattre et se montre polyvalent dans tous les types de combat. Ensuite viendra le choix d’un dieu dont vous pourrez user le pouvoir de temps en temps et enfin 3 types de compétences possibles. Il faut savoir que dans Sacred 2, les compétences sont disponibles dès le début du jeu et vous les augmenterez au fur et à mesure grâce à des runes trouvées sur votre route ou échanger chez les maîtres des runes disséminés dans le pays. Il n’y a pas plus de personnalisation de votre personnage -cheveux ou vêtements comme on pourrait le trouver dans Titan Quest-, mais après tout c’est un Hack’n slash. C’est donc le matériel récupéré en route qui déterminera votre apparence et vous différenciera des autres. Enfin, il est possible de commencer une des deux campagnes proposées, qui se présentent plus comme le côté du bien et le côté du mal, donc avec peu de différence. Par exemple, d’un côté, on vous demandera de tuer certains personnages, alors que de l’autre, on vous demandera de les aider.

Chaque personnage commence dans un environnement différent, mais dans la même région. Graphiquement, Sacred 2 a de la gueule avec sa 3D réelle et tout plein d’effets visuels. L’herbe vacille sous votre passage, les animaux sauvages gambadent. Mais ils font partis du décors car vous n’aurez aucune interaction avec eux. L’eau est somptueuse, un peu trop « curaçao » au début de l’aventure, mais de bien meilleur goût plus loin tout comme les effets de liquide comme la lave. C’est donc très joli avec plein de détails et pour les joueurs riches, la version collector vous apportera des textures encore plus détaillées. Mais tout cela a un coût et il vous faudra une bonne configuration pour pouvoir en profiter en résolution très élevée. Il est à noter que je n’ai eu aucun souci de ralentissement avec le jeu, mais beaucoup se plaignent du manque d’optimisation et des bugs. Et ces derniers sont légions et de toute sorte. Un patch conséquent est déjà paru mais il en reste encore pas mal. Heureusement, rien ne vous bloquera et vous réaliserez la quête principale sans souci. Mais on peut d’or et déjà dire, comme pour le premier, il y a un manque de finition flagrant.

sac02Il vous faudra aussi une bonne dose de patience pour installer les 12 go du jeu – voir plus de 20 go pour la version collector et le premier patch de plus de 400 mo. Ajoutez à cela la vérification internet qui n’autorise que 2 installations maximum et il m’aura fallu plus d’une heure pour pouvoir commencer à jouer.

Mais reprenons l’aventure. La particularité et la force de ce hack’n’slash est son univers ouvert où que vous alliez. Ainsi sur la grande carte, vous pouvez aller où bon vous semble et des cercles vous indiqueront les différentes quêtes à réaliser. Vous pourrez ainsi vous rendre dans ces différents lieux par le chemin que vous voudrez, tout comme le proposait Silverfall dans certains environnements. C’est donc un réel plaisir de pouvoir flâner en découpant des ennemis et en découvrant différents lieux, voir objets. On trouve aussi de très nombreux coffrets/récipients dans le monde extérieur mais aussi dans toutes les habitations qui sont visitables et richement décorées. Les développeurs ont fait un travail remarquable et il y a peu de lieux qui paraissent vides. En plus, il y a des lieux cachés avec des boss titanesques mais je n’en dis pas plus…..

Ce qui fait la force du soft -sa liberté- présente aussi sa faiblesse : en effet, les développeurs proposent un niveau de difficulté qui s’adaptent à celui de votre personnage, à l’instar de Loki ou d‘Oblivion. Ainsi, vous ne vous sentirez jamais surpuissant et à tout moment vous serez en difficulté si vous vous éparpillez dans vos compétences. Sachant qu’il y a cinq modes de difficultés, on ne comprend pas très bien la logique de la chose, vu que les créatures auront toujours votre niveau ou supérieur. Le mode hardcore vous mettra un peu plus la pression, car le mode bronze ne présente pas réellement de challenge. Ce défaut sera réglé si vous lancez une partie en lan, car dans ce cas, les créatures sont de niveaux différents selon le lieu où elles vivent.

sac03Les ennemis pourront être de deux types : les normaux et les champions bien plus costauds qui lootteront des objets de meilleur qualité. Et de l’équipement, il y en a à la pelle avec les pourris, les normaux, les magiques, les rares, les extra rares, et les sets voir les uniques. Et il vous faudra bien ce grand inventaire pour contenir tout ce que vous allez trouver. Au pire, il y a même une touche pour vendre directement de son inventaire et gagner de la place. Mais cette grande place fait que l’on peut entasser 20 potions de soins par case, ce qui est énorme, et casse aussi la difficulté du jeu. On est bien loin des ceintures de potions avec 20 emplacements maximum d’un certain Diablo. De plus, lorsque votre niveau de vie est très bas, cela vous l’est signalé et le jeu ralentit un peu. Tout est fait pour que vous preniez bien le jeu en main. Tout comme le didacticiel de départ constitué d’icône au début de l’aventure qui se montre très clair pour les manoeuvres simples. Par contre, on aurait aimé plus d’infos dans le livret, pour le choix de son orientation.

Pour jouer, rien de plus simple : le bouton droit pour frapper, le bouton gauche pour vos compétences. Il est possible de faire des combos de compétences et de paramétrer vos touches, mais souvent on se cantonne à une ou deux compétences que l’on augmentera au fur et à mesure de l’évolution de son personnage. La jouabilité reste bonne mais c’est la caméra qui a bien du mal. Fixe ou gérable en temps réel, elle ne se place pas toujours bien, surtout dans des lieux ou la géographie intervient. Ainsi, il n’est pas rare de se retrouver dans le noir complet lorsqu’on rentre dans une grotte parce que la caméra n’a pas changer son orientation par rapport à l’extérieur. Et les vilains en profitent pour nous frapper en plus ! Ensuite dans les intérieurs à plusieurs niveaux, c’est la même chose en plus compliquée car les étages s’effacent ou se dessinent en même temps que l’on monte ou descend. Il faut alors jongler avec le réglage de la souris en même temps que l’on frappe. De même, l’inclinaison de la caméra manque de profondeur, un reproche fait à de très nombreux jeux comme Neverwinter nights. Et ce défaut se ressent surtout lorsque que l’on est en côte, alors qu’en haut d’un pic, on pourra admirer un petit peu le paysage et on s’apercevra que le champ de vision est très limité avec un brouillard quelque soit la météo. Météo gérée tout comme le jour et la nuit mais sans intérêt vu que l’on n’a pas l’option dormir.

sac04La quête principale est totalement anecdotique et ennuyeuse, voire crispante dans certains passages labyrinthiques. On vous demandera de vous déplacer de lieu en lieu avec parfois des boss à cogner pour débloquer des passages. Et les sous-quêtes sont du même acabit, même si elles sont plus de 500. Cela se résume souvent à aller à tel endroit pour tuer, récupérer ou accompagner tel individu. Mais c’est toute cette multitude qui fait la richesse du jeu, pour tout joueur qui ne cherchera pas un RPG poussé. Bien sur, il existe quelques quêtes qui sortent un peu de l’ordinaire, mais la communication avec les PNJ se résument à des monologues de leur part. On comprend très rapidement qu’il faut une monture pour pouvoir réaliser les missions car les monstres qui peuplent Ancaria sont très nombreux au mètre carré. Pire, dès que vous quittez un lieu pour un autre -l’extérieur pour une grotte- à votre retour, ils sont tous réapparus. Le bestiaire est riche et les boss sont très sympathiques voir très impressionnants. Certains ont des attaques bien pensées et originales et on regrettera un peu les boss de la fin de la campagne qui sont bien en deçà de ceux qu’on aura croisé auparavant.

Je regrette tout de même que cet univers si parfait soit gâché par un scénario inexistant et une difficulté des créatures calquées sur la votre. C’est ainsi qu’en réfléchissant bien on pourrait finir la campagne principale avec un boss final au niveau 1 (enfin un peu plus, mais quand même). Orientez-vous vers la critique de Loki qui explique le désintérêt de ce fonctionnement. Mais on peut pallier ce défaut en créant une partie en Lan. Je regrette aussi l’orientation médiéval-futuriste pris par le jeu et on se demande bien comment dans Sacred, on ne retrouve pas des restes de cette énergie T. Je me dis aussi qu’avec une campagne plus travaillée, voir avec des dialogues et non ces monologues sans intérêt, des choix dans les quêtes et moins de monstres au mètre carré, on aurait eu un vrai RPG, et donc un hit (?). Dommage pour moi. Mais je pense que nombreux joueurs trouveront leur bonheur car il est le summum du hack’n’slash actuel.

sac06Grâce à notre cheval, voir notre monture personnalisé – une quête permet de débloquer une monture adaptée à chacun des 6 personnages- vous traverserez le pays plus rapidement, et si vous faites comme moi, le jeu se résumera à une grande ballade de 15 heures pour réaliser uniquement la quête principale. Comptez au moins 5 fois plus de temps, voir plus si vous voulez faire toutes les quêtes. Et c’est sans compter les 5 niveaux de difficultés. Avec 11 régions différentes, soit 70 km² il y a de quoi faire.

Les développeurs se sont aussi éclatés sur les dialogues et les textes et on sent qu’ils ne sont pas du tout pris au sérieux. Au lancement du jeu, j’ai été surpris de voir des citations parfois très amusantes ou surprenantes -to beer or not to beer- et dans le jeu certaines répliques des créatures sont loufoques. Malheureusement, c’est un peu un melting pot et la plaisanterie va parfois trop loin avec un décalage avec le jeu que l’on ne comprend. Ainsi autant certaines répliques de mon personnage pouvait être géniale, autant d’autres totalement anachroniques : parlez d’Internet, de ma souris et de mon Joystick n’a pas d’intérêt, alors qu’il y a tant de situations comiques à décrire dans les RPG. Tout comme les écrits qui sont autant de clins d’œil à notre société ou à des personnes connus de notre époque.

Enfin, on profitera aussi de la musique des teutons de Blind Guardian. Des métalleux symphoniques qui en mettent plein les oreilles, mais le chant n’est pas forcément bien assorti avec l’introduction. Il n’empêche qu’il existe une quête pour débloquer le « concert » du groupe. Assez sympa, c’est un petit plus dans le jeu. Les bruitages sont corrects et la musique d’ambiance très discrète, n’intervenant de manière plus autoritaire que durant les temps forts de batailles.

sac08Pour 10 euros de plus, vous aurez la version collector. Mais que contient-elle exactement ? On trouvera le jeu forcément sur 2 DVD-rom en français. Le familier exclusif « le démon porteur » que vous pourrez avoir en jouant sur le net. Une carte poster double face d’Ancaria : un poster de la couverture d’un côté et une carte du monde sur l’autre. Le seul ennui pour cette carte, c’est qu’il n’y a que la topographie d’Ancaria, donc ni les villes, ni les différentes noms ou les commerces ne sont indiqués. Autrement dit, elle ne présente aucun intérêt. Le carnet d’esquisses artistiques officiel. Perso je ne l’ai pas trouvé. Tout ce que je vois c’est un petit livret couleur d’une quinzaine de page qui présente des dessins de créature. Autrement dit pas quelque chose de vraiment sérieux. 4 tatouages de Sacred 2. Le CD de la bande originale de Sacred 2 comme dans tout collector. Enfin un DVDrom pour se permettre d’avoir des améliorations graphiques pour les ordinateurs d’aujourd’hui. Cela rajoute 10 go de texture en plus et permet d’avoir un niveau de détails plus poussé. Mais pensez bien qu’il vous faudra 1 heure pour installer le jeu dans son intégralité et donc plus de 20 go. Autrement dit, on ne donne que la version super qualité aux joueurs qui payent 10 euros de plus. Vous filez 4 autocollants, une carte vide, un poster, un livret super haut de gamme avec 10 illustrations du jeu et vous annoncez que c’est un collector. Je trouve cela assez limite et nous sommes bien loin des collector type Two Worlds ou Gothic. M’enfin c’est vous qui voyez.

 


Notation KillpowerSacred 2 est une très bonne suite, digne de succéder à son ainé : nouvel univers, nouveaux personnages, mais surtout graphismes 3D très sympas. A l’heure d’aujourd’hui, il est bien difficile de se positionner par rapport à un jeu qui possède autant de bons que de mauvais côtés. Sacred 2 est un jeu qui s’adressera en particulier aux joueurs qui recherchent la grobillisation à outrance de leur personnage avec une durée de vie phénoménale, un univers ouvert, des ennemis tous les trois mètres, une richesse d’équipement peu égalée jusqu’alors et 5 niveaux de difficulté avec un mode hardcore. Pour ceux qui s’intéressent plutôt au côté RPG, il n’y a rien à espérer d’un soft qui présente un autoleveling des ennemis, une campagne chiante qui vous fait parcourir le monde et un demi-milliers de quêtes secondaires sans intérêt. Pour réunir tout le monde, sachez qu’à l’heure actuelle les bugs sont légions, la caméra pas au top, l’installation très longue. Le jeu est totalement jouable en l’état, mais il faudra attendre un certain nombre de mois, malheureusement comme pour son prédécesseur, pour que tout soit parfait.


+ Inventaire riche
+ Univers 3D très sympathique
+ Personnage atypique
+ Multijoueur riche
+ Durée de vie extrême
+ Environnement ouvert
+ Bestiaire et boss sympathiques

– Autoleveling des adversaires sauf en Lan
– A part monter votre perso, il n’y a rien à faire ?
– Bugs
– Caméra pas top
– Quête principale négligeable, voir parfois pénible
– Quêtes secondaires primaires
– Manuel pas assez détaillé


Graphisme et sons : 4/5
Interface de combat : 2/5
Scénario : 1/5 (Il y en a un ? Ha oui, je résume : sauvez le monde)
Jouabilité (fun) : 2/5 (toujours la même technique du début à la fin)


SACRED 2: Fallen angel – ASCARON – DEEP SILVER
2008 – Hack’n’slash
2 DVD-ROM – version française intégrale

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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