Neverend est un jeu sorti mi-mars dans le plus grand anonymat. Distribué par Micro application, et développé par le studio Mayhem Studios à qui l’on doit le médiocre Empire of magic, Neverend est un jeu de rôle solo avec des inspirations Final Fantasy comme nous allons le voir par la suite. .

Mais commençons par le début : l’histoire d’abord. Dans Neverend, vous jouez le rôle d’Agavaen, une fée de forme humaine, à la recherche de son amulette et d’un trésor volé par son équipage. Vous n’avez donc pas le choix du personnage, mais cela ne vous empêchera pas de le faire évoluer comme vous le désirez par la suite. On commence donc le jeu par une vidéo, où on peut la voir découvrir un trésor avec son équipage dont certains membres le subtilisent durant la nuit.

Au petit matin, vous vous réveillez donc pour partir à sa recherche. Vous vous retrouvez alors dans un décors fixe très joli dans lequel votre personnage féminin en 3D va pouvoir se mouvoir. Pour rendre les décors fixes un peu plus vivant, les concepteurs ont rajouté des insectes ou des oiseaux qui s’agitent. Certaines choses dans la scène sont interactives et il apparaîtra une loupe, une main… pour que vous puissiez interagir avec votre personnage : une sorte de point and click. Ainsi il vous sera possible de vous recoucher dans la tente pour dormir et récupérer vos points de vie.

NeverendSi vous sortez du décors fixe, vous vous retrouvez alors dans une vision tout à fait différente : le jeu se propose sous la forme d’une carte en vue de haut avec votre personnage au milieu. un peu comme on pouvait le voir dans la série des Ultima. Ainsi vous allez déplacer votre personnage, à travers la végétation assez variée, entre les feuillus et les conifères et de très nombreux types de fleurs de toutes les couleurs. Le jeu est assez joli sans pour autant dépasser des maîtres dans l’art. Le monde reste ouverte, et on a l’impression d’une grande liberté, même si la végétation et les reliefs délimitent le terrain et vous obligeront à passer par des points clés incontournables.

Sur le terrain en vue de dessus, de temps en temps, vous trouverez d’autres types de décors ou des créatures correspondantes à des quêtes. Par exemple, un petit camp fortifié, pas du tout à l’échelle, représentera une ville. Lorsque vous vous en approcherez, vous pourrez visiter la ville en passant par différentes scènes fixes. Ainsi vous pourrez vous balader dans la ville et entrer dans certains bâtiments ce qui vous permettra de rencontrer de nombreux personnages.

Si, sur la carte, se sont des créatures, vous passerez alors en mode combat. Les batailles au tour par tour sont très proches du style des Final Fantasy. Cette fois-ci, les Ennemis et votre personnage principale se trouve sur un champ de bataille en 3D. Chaque intervenant possède alors une barre bleue ainsi que ses points de vie. La barre représente le temps de réaction des personnages. Ainsi dès que la barre s’est écoulée, le temps se fige et vous avez différentes possibilités : frapper avec une technique selon votre arme, faire un sort offensif ou défensif, aller dans votre inventaire pour changer d’arme, changer votre manière d’être (offensive ou défensive) ou fuir le combat. Dès que vous avez effectué votre choix, le temps repart et une barre bleue réapparaît pour diminuer petit à petit. Cette dernière est plus ou moins longue et correspond au temps qu’il faudra à votre personnage pour effectuer l’action demandée. Ce système est le même pour vos adversaires mais aussi pour les alliés qui pourront être avec vous et que vous contrôlerez. Ainsi si vous êtes un guerrier, vous mettrez peu de temps pour frapper votre adversaire avec votre arme de prédilection, alors que si vous essayez de lancer un sort, sachez que vous risquez de prendre des coups avant de le réaliser.

De plus, en combattant toujours avec le même type d’arme, vous allez améliorer votre compétence dans ce type d’arme et vous réaliserez vos techniques avec de plus en plus d’aisance et de rapidité. Le combat terminé, un écran d’inventaire apparaît vous montrant tout ce que vous pouvez récupérer sur votre adversaire et si votre personnage monte de niveau, vous obtiendrez 7 points à distribuer entre vos 5 compétences principales : Force, agilité, endurance, intelligence, perception. A noter que si vous équipez votre personnage avec un équipement spécifique, durant les combats et les scènes fixes, vous retrouverez votre personnage équipée de cette arme ou de cette habit.

Bien sur, tout ce que vous trouverez, vous pourrez le vendre chez les commerçants que vous rencontrerez soit dans les villes, soit dans la campagne au fil du jeu. Comme je vous l’ai déjà annoncé, il est possible de s’associer à d’autres personnages rencontrés précédemment, avec lesquels vous pourrez agir dans les combats.

Neverend vous immerge donc dans un univers enchanteur, dans lequel vous aurez de nombreuses quêtes à effectuer et une bonne interaction avec l’environnement. Dès que vous rencontrez un personnage, il vous est possible de parler avec lui et vous choisirez une phrase parmi un certain nombre. Il y a semble t-il de vraie différence selon le choix de vos discours (pas plus tard que dans les 5 premières minutes du jeu, si vous parlez convenablement avec le personnage, il rejoindra votre équipe, ou vous laissera seul).

NeverendOutre les quêtes secondaires, vous trouverez aussi des mini-jeux qui sont toujours très simples mais qui font office d’un plus non négligeable. Ainsi, vous rencontrerez un aubergiste qui vous proposera de gagner de l’argent en jouant au dé. Il vous suffira alors de regarder la scène et de voir si vous avez remporter la partie.

La magie est simple et efficace. Vous souhaitez apprendre un sort : vous cliquez sur un parchemin de magie, il apparaît ensuite dans votre livre de sort en indiquant les pierres qu’il vous faut pour le créer. Ainsi si vous possédez les pierres correspondantes (2 bleues par exemple) vous pourrez mémoriser le sort de manière définitive. Agavaern fera alors un petit gestuel avec des effets et elle  possèdera le sort, qu’elle pourra lancer une fois par jour. Mais si vous possédez 10 pierres bleues et que vous créez la séquence magique alors vous pourrez alors lancer le sort 5 fois par jour. Il existe de très nombreuses pierres différentes, ce qui permet de créer de multiples combinaisons.

Ce RPG est un jeu purement solo, mais vous aurez de quoi faire avec les nombreuses missions, les mini-jeux, les combats aléatoires très importants, et les 3 niveaux de difficulté. Sur le site officiel, il parle d’une durée de vie de 30 heures et je veux bien le croire.

Si Neverend semble fabuleux au premier abord, il faut quand même voir les différents défauts du jeu Et il y en a un rédhibitoire à l’heure actuelle : son instabilité permanente avec des gels sous Windows. Même s’il existe une touche sauvegarde rapide, vous risquez très rapidement d’abandonner face au gel incessant du jeu. Donc il faut espérer que Mayhem Studios sorte rapidement un patch avant que leur jeu ne subisse le même sort que le regretté The fall.  Il y aussi de nombreux bugs, mais aucun ne semble vous empêcher d’avancer dans le jeu.

NeverendComme je vous l’ai dit, vous voyagez à travers un monde en vue de dessus dont l’échelle est peu grande (15 grands arbres pourraient occuper la totalité d’un écran pour vous donner une idée), et il n’y a aucune carte générale du milieu  dans lequel vous errez pour vous situer. Ainsi il est très facile de se perdre même si le monde que vous pourrez explorer au début du jeu n’est pas si vaste. Heureusement, vous trouverez dans la boite (au demeurant fort agréable à l’oeil) une carte du monde avec assez de détails pour vous repérer.

Comme dans Final Fantasy, lorsque votre personnage se promène sur la carte, vous rencontrerez de nombreux ennemis de manière aléatoire, et vos combats risquent de devenir rapidement répétitif. Surtout que  l’on vous demandera souvent de faire des allers retours d’une ville à l’autre pour réaliser vos quêtes. Alors lorsque durant un aller, vous êtes contraint de faire une dizaine de combats, il faut bien penser qu’au retour,vous en ferez autant. Personnellement, j’apprécie, surtout qu’il n’y a pas de fioriture (pas de perte de temps durant les combats), et que cela va assez vite, vous permettant de trouver et de l’argent, et de l’équipement mais aussi de faire monter votre personnage en niveau. A noter que durant un combat, si votre personnage principal se retrouve paralysé ou tué, il faudra attendre la fin du combat pour vous apercevoir que vous avez perdu quelque soit la résolution du combat avec vos coéquipiers. Il est vrai que les combats aléatoires peuvent être rébarbatifs pour certains joueurs.

Les bruitages durant le déplacement ou encore durant les combats sont assez pauvres mais la musique de fond est de bonne qualité. La voix de votre héroïne  lorsque vous l’entendrez est incarnée par une personne en vogue actuellement, c’est à dire Claire Guyot la doubleuse officielle de Buffy de la série éponyme.  Pour vous déplacer, il faudra avoir recours au clavier avec un très faible nombre de touches et la souris est très peu utilisée.

De même, même si la boite est belle et assez épaisse, j’ai été désagréablement surpris par son contenu : un petit livret de 24 pages, 2 CD sous pochette et une publicité pour les produits Micro application. j’aurais préféré un livret un peu plus conséquent, surtout avec plus d’informations sur les sorts par exemple. Que nenni, on a le minimum. Cela dénote aussi avec le site du jeu qui est très agréable mais dans lequel il manque encore des rubriques.

Ce jeu possède donc un potentiel important pour les amateurs de RPG à la sauce Final Fantasy, et surtout il est très simple d’accès si on ne cherche pas à réfléchir. Mais il a pas mal de défauts. La musique est sympathique ainsi que le doublage du personnage principale, mais les bruitages durant les combats ou sur la carte sont pauvres. Le livret du jeu est trop succinct, même si le jeu comporte une aide au début de la partie. Et surtout, il faut aimer les très nombreux combats aléatoires qui risquent à la longue de vous excéder.

Graphismes et sons : 3/5

Interface des combats : 4/5

Scénario : 4/5

Jouabilité (fun) : 2/5 (2 points en moins à cause des bugs et de l’instabilité du jeu – on attend un patch).

NEVEREND \ MAYHEM STUDIOS \ 2005