Kult

par Dagon


KultAnnoncé depuis quelques années déjà, Kult est un jeu programmé par une société slovaque ayant pour l’ambition de renouveler un peu les concepts habituels du jeu de rôle. Graphiquement le jeu reprend la vue traditionnelle de Diablo et autres Baldur’s Gate, en vue de haut isométrique, avec un zoom d’une amplitude assez limitée mais suffisante. Soyons francs, les décors sont dessinés à la main, et offrent par moments des vues de toute beauté. A mon avis, certaines images doivent êtres les plus belles qui m’aient été données de voir dans ce style de vue, avec une foule de détails rajoutant à l’ambiance et à l’immersion du jeu. L’exploration du monde se fait par le biais d’une carte sur laquelle figure les endroits « identifiés » au fur et à mesure de l’avancée du jeu.

Il est un peu dommage que certaines zones semblent avoir été relativement bâclées. On a donc tendance à se balader dans des décors relativement vides, pour tomber parfois sur de véritables merveilles: les villes ou les ruines. Les animations du personnage sont sympathiques mais assez sommaires, mais point positif, toute pièce de l’équipement sera vue sur le personnage. Les musiques, quant à elles sont agréables quoique peu nombreuses.  Mais attachons nous  un peu au gameplay.

Première chose qui frappe, il n’y a aucun choix de personnage. Le joueur incarnera une jeune femme au physique à damner un saint, …religieuse fanatique et membre de l’Inquisition. En tant que personne dotée de la marque des mages, le personnage pourra se transporter à tout moment dans le monde des rêves (qui sera une copie conforme du monde existant, mais peuplé d’autres créatures d’outre-monde). Si le choix du personnage est inexistant, fort heureusement la progression permet d’orienter son personnage vers les compétences souhaitées et transformera notre ingénue en guerrière, mage ou archer. Parlons justement de la progression: ce n’est pas chose aisée. Les programmeurs ont choisi un système original, sympathique mais assez compliqué à maîtriser (et à expliquer). Commençons par le plus « simple »: les caractéristiques. Elles reprennent les caractéristiques traditionnelles (force, dextérité, magie, …), mais sont notées par le système anglo-saxon de A à F, « F- » étant la note la plus basse, « A+ » la plus haute. Ces caractéristiques progresseront au fil des niveaux du personnage, selon les choix effectués. Outre les quêtes complétées, les combats gagnés, ce seront des sources d’énergie dans le monde des rêves, les Hexamarques, qui donneront des points d’expérience. Les compétences, ou « Affinités » quant à elles, sont innombrables. Si le joueur en dispose de quelques unes au départ, les affinités sont liées à des types d’objets, qui, par leur utilisation vont débloquer chacun une nouvelle affinité. La magie, basée sur les 4 éléments (Air, Eau, Terre, Feu), utilisera un objet nommé focaliseur, qui débloquera le pouvoir magique lui étant lié. Le focaliseur pouvant également servir par son utilisation à débloquer les compétences « passives » liées à certaines pièces d’armure par exemple…

Autre originalité, le système de soins: il est possible de se soigner à tout moments, instantanément, mais le nombre maximum de points de vie baissera au fur et à mesure des soins prodigués. Seul une nuit de repos permettra de regagner les points de vie perdus.

Quant au gameplay proprement dit, c’est là que les choses ne sont pas aussi roses. Si l’histoire est d’une très grande qualité, et que le jeu, jouable uniquement en solo, est très scénarisé, avec de nombreuses scènes de coupe, le jeu au final n’est qu’un Diablo-like de plus. L’interaction avec le monde ne se fait que par l’ouverture de quelques coffres. Les dialogues sont intéressants et offrent parfois quelques véritables choix pour le joueur, mais après de nombreuses heures de jeu j’ai dû me rendre à l’évidence. Ce n’est que du hack & slash au fur et à mesure de l’exploration des points d’intérêt du jeu. A un tel point qu’on finit par en oublier les méandres du scénario, pourtant intéressant et complexe par ailleurs.


Au final, on sent que les auteurs se sont donnés beaucoup de mal pour arriver à un produit sympathique, au concept novateur et accrocheur, mais qui, avec un peu de recul, ne se résume que par un « nettoyage » systématique des différentes zones. Dommage. Bref, un petit Diablo-like en solo, avec pas mal de petites idées originales. A essayer… lorsqu’il sortira en tarif budget.


Graphismes et sons : 4/5
Interface de Combat : 2/5 (arcade)
Scénario : 4/5
Jouabilité (fun) : 3/5


Kult / 3DPeople / 2004