Edito 2012
L’année 2011 a été une année exceptionnelle pour le jeu de rôle PC. Non seulement l’année a été honorable au niveau de la quantité, mais le niveau de qualité a été exceptionnel.
Alors que la tendance 2010 était encore ternie par la fin de crise, 2011 a bénéficié des gros investissements des studios de développement alors que la situation économique voyait une belle éclaircie.
Au résultat, nous avons eu droit à des jeux aboutis, où les investisseurs ont cru au potentiel des studios de développement en investissant massivement, et le résultat est là. Les trois blockbusters que sont Deus Ex Human Revolution, The Witcher 2 et The Elder Scrolls V : Skyrim sont d’excellents jeux, doublés de gros succès commerciaux. On ne peut que se réjouir de ce succès qui encouragera les éditeurs à continuer dans cette voie.
Il faut également relever que la tendance générale de bâtardisation, visant à produire des jeux devant satisfaire le public le plus large possible reste d’actualité, mais cette préoccupation ayant provoqué quelques fiascos dramatiques dans les dernières années, les studios sont plus prudents et la simplification a l’air de se faire plus intelligemment. Si un titre tel que Skyrim s’est orienté vers une plus grande accessibilité, il a su néanmoins le faire sans sacrifier de sa complexité et de sa profondeur. On peut faire la même remarque pour les deux autres ténors. Au final, on confirme le recentrage commencé en 2010 vers des productions plus tranchées, plus « hardcore », ce qui n’est pas pour nous déplaire.
L’autre problème toujours rencontré fréquemment est le développement multiplateforme. De ce coté ci, même constat. On continue à développer des titre avec le multiplateforme en tête, mais de plus en plus de studios relèvent que les simples portages ne font pas recette sur PC, et qu’il faut offrir quelque chose de plus adapté à la puissance de ces machines. Ce sera le « plus » incontournable pour réussir à vendre sur PC. Les trois gros titres susmentionnés en sont la preuve, par contre, pour des portages bâclés, le chiffre des ventes a été sans appel, Dungeon Siege 3 (pourtant développé par Obsidian) et Hunted: The Demon’s Forge en ont fait les frais.
Plus généralement on sent que l’évolution du marché du jeu vidéo donne matière à réfléchir aux éditeurs de jeux qui cherchent de nouveaux moyens de se procurer des revenus, et cherchent de nouveaux modèles financiers. La mode des DLCs se poursuit de manière très modérée, mais c’est surtout le modèle « free to play » ou plutôt devrais-je dire « pay to really play » mâtiné de réseau social qui semble attirer l’intérêt des maisons d’éditions.
Malgré un succès très modéré de ceux-ci, on constate l’apparition de nombre de projets de jeux se servant d’Internet et/ou des réseaux sociaux tels que Facebook comme base d’opération, avec, pour l’instant, à la base des jeux assez simples (King’s Bounty, Heroes of Neverwinter, …), mais aussi des projets plus significatifs, où le joueur peut commencer gratuitement le jeu, puis, s’il veut vraiment s’investir, devra bourse délier pour débloquer les options de jeu les plus avancées. On citera Age of Empire Online pour les jeux de stratégie, mais aussi des projets plus significatifs, tels que le nouveau Neverwinter, ou encore le fameux « Ultimate RPG » de Richard Garriott, visant à créer une sorte d’Ultima Online 2 en free-to-play Facebook.
J’avouerais que cette vision de l’avenir du jeu qui ne m’enchante guère, me parait peu viable pour des jeux offrant une vraie profondeur. Je ne m’étendrai pas sur le principe du free-to-play (freemium), me paraissant déséquilibrer les jeux par leurs options payantes au goutte-à-goutte. A mon sens, un modèle économique d’achat, puis de jeu sans abonnement, avec des extensions vendues par la suite me parait plus adapté.
Passons au bilan 2011 :
Riche année qu’était 2011, avec des sorties régulières et surtout d’excellents titres.
Jeux solo
Trois gros titres très, très différents, mais aussi bons les uns que les autres sont vraiment à retenir :
The Elder Scrolls V: Skyrim : On ne présente plus la série Elder Scrolls, ce monument du jeu de rôle traditionnel. Skyrim, le 5ème opus a cherché à concilier les fans de la première heure cherchant un monde fouillé et complexe avec les néophytes, et c’est réussi.
Il est considéré par la plupart comme jeu de rôle de l’année. Un monde magnifique et immense, une multitude de quêtes intéressantes, une grande liberté. Bref, le jeu « bac à sable » par excellence, malgré un scénario assez classique et une absence de conséquence sur le monde qu’ont vos décisions.
On aime, on en redemande, et assurément une excellente affaire au vu du nombre d’heures de jeu proposées.
Du grand Art.
The Witcher 2 : Le premier du nom était bon, le second est excellent.
Graphiquement grandiose, un jeu avec des combats assez orientés action, mais surtout deux scénarios totalement alternatifs en fonction des choix du joueur. Bref, une histoire passionnante avec un scénario totalement non linéaire. La plupart ont adoré.
C’est adulte, anticonformiste, et surtout incontournable.
On salue par ailleurs bien bas CD Projekt pour le suivi de son jeu et pour son contenu.
Deus Ex Human Revolution : Dans le style jeu de tir en vue subjective mâtiné de jeu de rôle, Deus Ex fait office de symbole. Un monde futuriste très réaliste, des questions existentielles sur l’avenir de l’humanité.
On apprécie l’excellence du scénario, mais aussi du gameplay, surtout au vu de la multitude de solutions pour effectuer les missions.
Bref, du très, très bon. Un jeu que même les réfractaires du FPS tels que votre serviteur apprécient.
La palme de la déception, quant à elle, appartient sans hésitation à Dragon Age 2, qui, s’il n’est pas franchement mauvais, est très loin d’atteindre le niveau du premier du nom. On lui reproche la réutilisation de ses décors, les combats devenus bourrins et sans saveurs. Dommage.
Jeux online
Un seul titre mais non des moindres :
Star Wars Old Republic : Une jouabilité traditionnelle aux jeux de rôles en ligne, et des graphismes cartoons qui ne sont pas sans rappeler World of Warcraft, ce jeu représente pourtant le fer de lance d’Electronic Arts contre le mastodonte en place. Son argument ? Une campagne de très haut niveau, totalement scénarisée, avec un doublage intégral. Si on ne sait pas quelle sera sa viabilité à long terme, il va sans dire que le titre est extrêmement attractif au premier abord et offrira au moins quelques mois de jeu et de plaisir aux plus acharnés des joueurs.
On notera par ailleurs le passage en free to play d’Aion et d’Age of Conan. Ce dernier reste un titre à essayer, au moins pour le début de sa campagne (jusqu’au niveau 20), et pour l’excellence de son système de combat pour un jeu de rôle en ligne.
Pour l’année 2012 :
Avec les gros studios dédiés au RPG qui ont tiré leurs cartouches, on peut s’attendre à une année 2012 un peu plus calme. Il reste néanmoins trois titres majeurs :
Risen 2 : Le second opus de la série de Piranha Bytes, les créateurs de la série Gothic. Un monde de pirates avec différentes îles à explorer, le tout réalisé par une équipe qui a fait ses preuves, LE titre prometteur de 2012.
Mass Effect 3 : Le premier était plus RPG qu’action, le second plus action que RPG, le troisième semblerait prendre le meilleur des deux mondes. Quoiqu’il en soit, le commandant Shepard aura de quoi combattre, les aliens belliqueux ayant débarqué…
Kingdoms of Amalur : Reckoning : Des combats très orientés action, mais une profondeur de scénario et une liberté d’exploration. A voir, surtout sachant que Tiberius Moongazer (Ultima V : Lazarus) est aux commandes.
Et bien sûr, l’arlésienne : Diablo 3, qu’on ne présentera plus.
Les jeux indépendants
Pas mal de titres sont presque achevés et en cours de beta test. On notera l’abandon de The Broken Hourglass, mais d’autres titres sont imminents.
Legend of Grimrock : Dans le style Dungeon crawler avec des petites énigmes et de jolis graphismes. Un titre au parfum « old school » agréable. Pour moi l’un des titres indépendants les plus prometteurs.
Dead State : Il proposera une jouabilité avant tout basée sur la survie, avec le problème de collecte de nourriture en milieu hostile, de recrutements d’alliés, de la gestion de leur personnalité, de leur moral ou encore des alliés infectés par les zombies.
Krum : Développé par une personne seule, en espérant qu’il sorte un jour…
Age of Decadence : Un jeu qui se situera dans un monde de fantasy post apocalyptique inspiré par la chute de l’empire romain. Au programme 3D isométrique, combats en tour par tour, scénario non linéaire et dialogues complexes.
Grim Dawn : Jeu de rôle-action de dark fantasy nous fait grâce de quelques photos d’écran sur le site officiel. C’est sombre, mais assez joli, et le style graphique reste bien celui des anciens d’Iron Lore et de Titan Quest. Et il n’y a pas à dire, le scénario est plaisant : l’humanité proche de l’extinction est prise entre ceux souhaitant l’exploiter en tant que ressource, et ceux souhaitant la détruire.
Path of Exile : Développé par un studio néo-zélandais et s’apparente à une sorte de Diablo avec monde persistant en ligne, tout cela en vue isométrique. Le jeu se jouera en ligne, mais le jeu sera gratuit et totalement axé sur les combats. Ca parait sombre et assez sympathique.
Driftmoon : Avec ses graphismes vus de haut, son gameplay très orienté aventure-RPG, DriftMoon n’a pas fait couler beaucoup d’encre, pourtant celui-ci parait plutôt intéressant, avec un monde assez typé, pas mal de dialogues, d’énigmes physiques et de l’exploration.C’est disponible en précommande sur le site officiel pour une somme modique (11,99 €). Je ne manquerai pas de le tester à sa sortie…
Jeux online :
A noter deux titres susceptibles de se démarquer face à World of Warcraft et Star Wars Old Republic, grâce à leur modèle économique, mais aussi un troisième à suivre de près, en raison de son originalité :
Guildwars 2 : Le premier opus était le précurseur pour offrir une jouabilité à la fois très scénarisée et un mode PVP élaboré dans un monde médiéval fantastique original et tout ça sans abonnement. La suite vous proposera de continuer le scénario, mais avec l’arrivée d’une race orientée technologie.
Neverwinter : un jeu de rôle en ligne « free to play » dans un monde persistant, où chaque joueur sera amené non seulement à parcourir seul ou ensemble le monde, à combattre, mais également, si le coeur lui en dit, à utiliser « La Forge » pour construire des aventures pour les intégrer dans ce monde. C’est développé par Atari et Cryptic. A voir le résultat…
The Secret World : un jeu de rôle en ligne par Funcom, les créateurs d’Age of Conan, mais situé dans notre monde moderne, en partant du postulat que les monstres de légendes tels que les vampires, loups garous, morts-vivants existent. The Secret World proposera un système de jeu sans classe ni niveau. Le joueur peut rejoindre les Illuminatis, les templiers ou les dragons, les trois factions qui tirent secrètement les ficelles régissant notre monde, et se battant pour sa domination. Nombre d’endroits connus seront à explorer, des environnements urbains tels que New York, Londre, Séoul, mais aussi d’autres endroits connus de l’Egypte à la nouvelle angleterre. Au niveau des combats, la panoplie sera grande, en passant par les arts martiaux, les armes blanches, les armes à feu, mais aussi la magie noire et vaudou. Bref, un concept novateur que Funcom devrait être à même de mettre en forme correctement, vu leur dernière expérience.
